
France/Italie 0-2
Eh bien voilà, c’est fait et c’est malheureusement bien la réalité : la France est éliminée de l’Euro 2008 dès le premier tour. Après la défaite face aux Pays-Bas, j’avais écrit mon billet sur le match à minuit, avec une forte envie de partager mes impressions sur ce match. Mais après le France/Italie, la tristesse et la déception était telle que j’ai préféré attendre aujourd’hui. Mais, ce n’est pas pour autant que je ferai un roman, car que dire si ce n’est que l’Equipe de France, peu importe la malchance et les coups du sort, est passée complètement à côté de son Euro.
Avant France/Italie, il y avait quelque part la sensation que l’aventure avait déjà pris fin dans la tête après le couac contre les Pays-Bas. Je suis un grand supporter des Bleus, toujours très optimiste, parfois trop, comme un vrai supporter qui soutient son équipe, mais aussi réaliste et même si je voulais y croire, il y avait depuis le début beaucoup trop de signes négatifs dans l’aventure de cette EDF : et le match France/Roumanie, même si je l’ai avalé en songeant au France/Suisse qui n’avait pas été plus réussi au Mondial 2006, me semble après coup être le symbole de ce Tournoi pour les Bleus : une équipe usée, mentalement, physiquement, qui ne joue pas et il faut le dire, et le répéter, une équipe très mal coachée.
Après la catastrophe de France/Pays-Bas, je voulais y croire car j’avais vu une EDF meilleure dans l’animation offensive, et je me disais que les Italiens n’étaient pas meilleurs que nous. Alors, pourquoi pas ? Et je me raccrochais à ça. En me forçant d’y croire. J’ai l’impression qu’il s’est passé la même chose dans la tête des joueurs de l’équipe de France en entrant sur la pelouse de Zurich. Henry et cie étaient prêts à lutter pour la qualif’ mais au fond d’eux, ils n’y croyaient pas assez. La blessure de Ribéry, leur meilleur joueur, dès la 7ème minute puis l’expulsion d’Abidal et le penalty inscrit par Pirlo ont définitivement cassé le ressort d’une équipe atteinte moralement.
A ce moment-là du match, il était vraiment difficile d’imaginer un exploit. On aurait aimé y croire mais Domenech, poursuivant son épouvantable coaching, a trouvé le moyen de faire sortir un joueur offensif -Nasri- tout juste entré à la place de Ribéry pour le remplacer par Boumsong. Au lieu de jouer le tout pour le tout, le sélectionneur a préféré enlever un élément offensif et densifier sa défense ! Alors qu’il aurait été plus judicieux de retirer un récupérateur… D’ailleurs, son troisième changement est tout aussi discutable pour rester poli, en choisissant de faire rentrer Anelka à la place d’un autre offensif, Govou. A croire que Raymond n’y croyait plus depuis longtemps et voulait juste éviter la correctionnelle. Comme le dit si judicieusement Pierre Ménès : pour gagner un match, il faut accepter de prendre le risque de le perdre.
La liste des 23, une préparation discutable, la gestion déplorable des blessés, les erreurs de communication de Domenech (celle de l’annonce de la demande en mariage de sa compagne hier soir est la cerise sur le gâteau), les erreurs de stratégie, de coaching, des joueurs défaillants… Il y aurait tant à dire sur toutes les raisons qui ont conduit les Bleus dans le mur. Mais les émissions spécialisées et les journaux font très bien leur boulot et je ne m’étendrais pas trop là-dessus.
Aujourd’hui, c’est un fait, la génération 98 a vécu. Et en ce qui me concerne, cela me procure un vrai pincement au coeur, car si j’ai grandi avec les générations Platini (mon enfance) et Papin (mon adolescence), la génération 98 était la “‘mienne” (je suis né en 75, deux ans après Makelele, deux ans avant Henry). La fin de la génération 98, c’est la fin d’un beau chapitre du football français et aussi le sentiment pour moi que rien ne pourra être comme avant. Avec Platini, Giresse, Papin, Cantona, je ressentais l’admiration d’un gosse. Avec la génération Zidane/Henry, c’était également de l’admiration mais aussi beaucoup d’identification (l’âge…).
Aujourd’hui, j’ai peur des lendemains. J’ai peur que l’Equipe de France ne soit plus compétitive avant des lustres (comme l’après-Platini), malgré les bons jeunes qui poussent derrière. Et j’ai peur de ne plus jamais aimer une équipe de France comme je l’ai aimé depuis 25 ans. J’ai peur de décrocher…
A l’heure où les dernières grandes figures de 98 tirent leur révérence, j’ai juste envie de dire : Merci ! Merci pour tous ces moments de bonheur et ces grandes émotions. Merci de nous avoir fait vibrer ! Vous resterez à jamais gravé dans nos mémoires et ce n’est pas cet échec de 2008 qui jettera un voile sur vos formidable carrières. Merci !
Pays-Bas/Roumanie 2-0
Au moins, les Hollandais ont joué le jeu…
(photo : AFP)
Commentaires récents